Mouvement nationaliste pour la France aux Français

11 septembre 1855 : Naissance d’Émile Driant, un nationaliste visionnaire (biographie de Georges DUMONT)

ÉMILE DRIANT : UN NATIONALISTE VISIONNAIRE

emile_driant_1Emile Cyprien Driant est né le 11 septembre 1855 à Neufchâtel dans le département de l’Aisne. Il est le fils d’un magistrat Joseph, Théodore Cyprien Driant, originaire de Bretagne. Sa mère Adèle Virginie de FAI a des origines picardes. Emile, depuis sa plus tendre enfance, est bercé par le souvenir de son grand-père, un ancien de la grande Armée qui avait suivi l’Empereur du Caire à Vilna en Lituanie.

Dès ses dix ans, il rejoint le collège à Reims et il obtiendra lors de sa classe de rhétorique – l’équivalent de la première – le premier prix d’histoire et de géographie au concours général. En 1870 il fêta ses quinze ans une semaine avant la défaite de Sedan, l’abdication de Napoléon III et le début du siège de Paris par les Prussiens.

L’adolescent qui a vu les convois de l’armée française sur les chemins de la déroute, dira à sa mère : Je serai officier. Ce ne fut pas l’avis de son père, qui considéra que la France vaincue avait davantage besoin de légistes que de guerriers.

Par respect de la volonté paternelle, il obtiendra une licence en droit, mais également en lettres. Il attendra ses vingt ans pour de présenter au concours de l’école spéciale militaire de Saint Cyr qu’il intégra le 14 octobre 1875.

La France, redevenue République, avec à sa tête un militaire – Mac Mahon – a fait voter un service militaire obligatoire de cinq ans. Emile Driant qui aimait les traditions et la discipline sortit de Saint Cyr en 1877, quatrième dans une promotion de quatre cents élèves. Il peut choisir l’état-major ou la cavalerie. Mais pour lui seul compte «  la reine des batailles », l’infanterie. Pour lui la guerre se gagne avec les jambes.

Le sous-lieutenant Driant fut donc – pousse cailloux – et il se retrouva à Compiègne. Le jeune officier d’infanterie est bien noté par son colonel. En 1883 il est nommé lieutenant au 43e de ligne en partance pour Sousse. La Tunisie suite au traité du Bardo était devenue un protectorat français. Emile est remarqué par ses chefs, suite à des missions topographiques. Le lieutenant Driant est classé : solide, avec une santé à toute épreuve, très actif et toujours prêt, très intelligent, un officier modèle. En février 1884 il est nommé officier d’ordonnance du nouveau commandant de la division et gouverneur général de la Tunisie un certain Georges Boulanger. Ce dernier, à 47 ans, est le plus jeune général de division de l’armée française. Emile Driant avait eu Georges Boulanger comme instructeur à Saint Cyr.

Un jour de janvier 1886, le lieutenant Driant ne peut s’empêcher de dire au général Boulanger, tandis que tous deux chevauchent botte à botte : « Ah mon général ! Si seulement nous avions un ministre de la guerre entreprenant ! »

Revenus au quartier général, Boulanger reçoit le message de Charles Louis de Freycinet, président du conseil, le priant d’accepter le poste de ministre de la guerre. Il accepte et propose à Driant de rester son officier d’ordonnance.

Revenus à Paris, le Tandem Boulanger/Driant investit ce ministère avec dynamisme et efficacité. Boulanger devenu populaire, lance de grandes réformes en s’appuyant sur un tribun à sa dévotion. Il s’agit de Paul Deroulede avec sa ligue des patriotes. Même s’il refuse de faire de la politique, le lieutenant Driant ne peut que s’entendre avec Deroulede, car ils partageaient les mêmes idées, à commencer par le patriotisme et le besoin de revanche pour effacer la défaite de 1870.

Le 8 juillet 1886, l’officier d’ordonnance du ministre de la guerre Emile Driant est promu capitaine. L’armée française connait alors une véritable révolution avec le nouveau fusil Lebel.

Un militaire anti-Dreyfusard

Le gouvernement va profiter de l’été pour nommer le trop populaire ministre de la guerre Boulanger, commandant d’un corps d’armée en Auvergne.

Driant suit son chef à Clermont-Ferrand. Toute sa vie il resta hanté par cette grande rencontre du nationalisme et du socialisme. Devenu politiquement dérangeant, le général Boulanger est mis à la retraite. Aussi avant de se lancer en politique, Boulanger ordonna à Driant de rester dans l’armée. Va se créer entre les deux hommes une complicité plus forte que toute hiérarchie : Emile Driant épouse la fille cadette de Boulanger : Marcelle.

Boulanger voulant s’opposer «  au cartel de la troisième république corrompue » est obligé de s’exiler en Belgique. Il se suicida en 1891 sur la tombe de sa maîtresse.

Cependant, Boulanger demeura à jamais pour Driant «  le réveilleur de la patrie française ». En 1890 Driant est nommé instructeur à Saint Cyr. Il déclara lors de sa nomination «  Il n’est pas de tâches plus nobles pour un officier que le « dressage de ses cadets qui s’instruisent pour vaincre ». Pour Driant l’armée reste une chevalerie et il fait sienne la maxime du Maréchal de Saxe : « L’homme qui se voue à la guerre doit la regarder comme un ordre dans lequel il rentre ». Propos qu’il partageait avec son camarade Lyautey, d’un an son ainé. Driant rêve d’une armée encore plus nationale, c’est-à-dire pour lui plus populaire. Pour les deux mille élèves officiers qui passeront entre ses mains, Driant resta un chef inoubliable, celui auquel on pense à l’heure de son premier assaut.

En 1896, à sa demande, Driant regagne la Tunisie pour commander le 4e régiment de zouaves. Deux ans plus tard, il va prendre garnison dans l’Est de la France : faveur suprême pour un officier d’infanterie, il reçoit le commandement du premier bataillon de chasseurs à pied. Il croit à la nécessité des corps d’élite avec cette nomination.

Mais le gendre du général Boulanger, rêve d’aventure et s’impatiente de mener la vie de garnison dans un monde en paix. Il souffre des attaques contre l’armée dans le cadre de l’affaire Dreyfus et veut créer un corps des volontaires français pour les conduire au feu comme des éclaireurs et partisans.

Le chef de bataillon Driant n’a plus aucune illusion sur le pays et sur son armée. Il déclare à ses amis «  La veulerie générale en France est par trop marquée. Il est visible que nous supportons tous les coups de pied docilement et qu’une armée dans un pays de servitude n’est plus qu’un instrument de guerre civile ; nous réprimerons les grèves, nous tirerons sur de pauvres gens qui essaient de ne pas mourir de faim, pendant que les puissants continuent à s’engraisser ».

Mais le gouvernement n’aime pas les officiers qui se soucient trop du bien-être des soldats et de la misère des ouvriers. Sur le tableau d’avancement, on oublie le chef de bataillon Driant pourtant proposé en numéro un pour le grade de lieutenant-colonel. Pourtant, on parle beaucoup du premier chef de bataillon de chasseurs à pied, gendre du général Boulanger, qui est devenu très populaire. Le journal satirique « la lanterne » lui reproche d’avoir fait organiser pour la fête de Sidi-Brahim, un service à la cathédrale. Dénoncé par un suppôt du Vatican, Driant réplique avec humour : Si mon bataillon comptait neuf cents juifs et deux catholiques, j’aurai organisé un service à la synagogue. Comme il comprend la proportion inverse, je l’ai organisé à la cathédrale. Le haut commandement de l’armée – alors en pleine campagne des fiches pour débusquer les antisémites – lui infligeât quinze jours d’arrêt.

Pour le ministre de la guerre, l’armée doit rester la « grande Muette ». Le franc-parler de Driant devient insupportable. On le lui fait comprendre. Il demande sa mise à la retraite. On l’accepte.

En 1905, Emile Driant va avoir 50 ans. Il devient journaliste et brigue la députation. Battu à Pontoise en 1906, il sera élu à Nancy en 1910 dès le premier tour. La capitale lorraine a déjà élu, douze ans auparavant Maurice Barrès un parlementaire républicain, nationaliste et socialiste. Driant se place dans la ligne politique de Barrès l’écrivain, qui dans « l’appel au soldat» a si bien évoqué son beau-père, le général Boulanger.

Membre de la commission de l’armée, le nouveau député Driant, se heurtera durement aux partisans de « l’internationale des pacifistes » pour défendre la loi des trois ans sur le service militaire. Il fait campagne pour l’union sacrée face à la guerre qu’il voit venir.

Quand il apprend l’attentat de Sarajevo, il traduit aussitôt la nouvelle par un seul mot : la guerre. Driant se trouve à la chambre des députés pour la séance historique du 4 aout 1914. L’ancien officier a 59 ans. Il demande à reprendre du service comme chef de bataillon. On lui refuse. Il s’engagea donc comme simple soldat. Il fallut l’intervention de son ami Adolphe Messimy – ministre de la guerre du gouvernement de Joseph Caillaud – pour qu’on lui rende son grade. Il est envoyé à l’état-major de la garnison de Verdun. Il prend alors le commandement de deux bataillons de chasseurs à pied les 56e et 59e de l’armée bleue si chère à son cœur. Tous ses hommes sont des réservistes du nord et de l’Est de la France. Dès l’automne de 1914, Driant mène une vive contre-attaque pour reprendre le bois des Caures. Il gagne alors ses galons de lieutenant-colonel, mais c’est là que son destin l’attend.

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« Danrit » : Un écrivain populaire

Mais avant de relater la fin tragique de Driant et de ses chasseurs, il est important d’évoquer le deuxième homme qu’était Emile Driant. Le talentueux et visionnaire écrivain qui signa ses écrits sous le pseudonyme de DANRIT. Dès 1892 il publie « La guerre de demain », un roman d’anticipation en six volumes. Tout d’abord « La guerre de forteresse », relative aux forts placés autour de Verdun. Puis « La guerre en rase campagne », caractérisée par les mouvements de troupes. « La guerre en ballon » se révélera dans le cadre de l’aviation militaire naissante. « La guerre fatale », anticipe les conflits futurs contre l’Allemagne et notamment à Sedan.

Mais l’action littéraire de Driant va bien au-delà de son époque. Son roman, l’invasion noire, prévoit le déferlement des populations africaines musulmanes soulevées par les Turcs pour envahir l’Europe chrétienne. Pressentant la montée de la classe prolétarienne issue de la révolution industrielle, son roman « La révolution de demain » prévoit la montée funeste du syndicalisme ouvrier.

Visionnaire, Danrit attire de nombreux lecteurs avec « L’Aviateur du pacifique » et « L’invasion jaune », qui anticipent la guerre à venir de l’armée japonaise. Driant, contemporain de Jules Verne, échange avec lui une correspondance. Son roman « Les Robinson sous-marins » préfigure les futures guerres sous-marines du XXe siècle.

C’est dans « Les filleuls de Napoléon » qu’il présente sa conception d’un monde tout entier et dominé par la réalité inéluctable de la volonté de puissance, c’est-à-dire la guerre. Driant écrit «  Retenez bien ceci , mes enfants, pour ne pas tomber plus tard dans les divagations de certains rêveurs, la paix, la paix éternelle n’est qu’un mythe, une utopie, et quel que soit le degré de civilisation auquel parvienne l’humanité, on n’arrivera jamais à supprimer la guerre. Car il y aura toujours des races différentes par les mœurs, le langage et les traditions. Et ne le regrettons pas, mes enfants, car s’il n’y avait pas tout cela, si la paix régnait pour toujours, vous verriez s’installer auprès d’elle le pouvoir exclusif de l’argent et l’unique souci du bien-être. L’humanité y gagnerait-elle ? Non, malgré vos jeunes intelligences, laissez-moi vous dire et redire que la guerre est, à certaines heures, nécessaires aux peuples, car elle les rappelle à la pratique des grandes vertus comme l’honneur, le courage, l’engagement, la discipline, sans laquelle les nations ne peuvent vivre ».

Mais revenons à Verdun. Depuis plusieurs mois, les 56es et 59es bataillons de chasseurs à pied – soit 1.300 hommes – commandés par le lieutenant-colonel Driant occupent la position du bois des Caures au nord de la ville. En cette glaciale fin d’hiver, on s’attend à une offensive ennemie. Leur chef n’a pas d’illusion. Notre bois aura ses tranchées prises dès les premières minutes écrit Driant à son épouse, car les Allemands emploieront les flammes et les gaz !

Le 21 février 1916 à 07h00 les canons se déchainent, écrasant les positions Françaises sous les obus. Driant avec ses chasseurs est en première ligne, toutes les communications sont coupées. Chaque compagnie et chaque section va être obligée de se battre isolée. Les abris sont dévastés, les casemates explosent, un obus de gros calibre écrase le poste de commandement.

A cinq heures de l’après-midi, l’infanterie allemande – de 100.000 hommes – passe à l’attaque. Ce flot humain se ruant sur un front étroit, écrit l’illustration, est sans exemple dans l’histoire même de cette guerre. Aux tranchées crie Driant. Il prend lui-même un fusil comme un simple chasseur. Entre deux assauts il se rend de poste en poste. On ne bouge pas, et l’on contre-attaque. A la tombée du jour, les chasseurs de Driant repoussent les Allemands. Driant adresse au général de Casteneau le message laconique : « Nous tiendrons. La nuit sera infernale, les bombardements ayant repris ».

A l’aube du 22 février 1916, le corps d’armée allemand s’élance à l’assaut des tranchées françaises. Ces derniers vont tenir encore deux heures sans reculer. Mais Driant sait qu’il ne peut espérer aucun renfort ni aucun secours. En début d’après-midi, les chasseurs de Driant encore valides sortent de leurs trous à la baïonnette pour contrer un nouvel assaut, mais le bois des Caures se trouve encerclé par l’ennemi. A 16H00 – ils ne sont plus que 150 – le lieutenant-colonel constitue quatre colonnes pour échapper au piège, une seule parviendra à se dégager. Driant quitte le dernier sa position, comme un capitaine qui doit abandonner son navire. Il est calme, progresse de trous d’obus en trou d’obus. Un dernier bon, il tombe, la tempe trouée d’une balle. Il a trouvé la mort qu’il souhaitait depuis son entrée à Saint Cyr. Emile Driant avait 59 ans.

Par l’acte héroïque de Driant et de ses chasseurs, l’armée allemande déferlante a été contenue, permettant à l’état-major de protéger la ville. La nomination du général Philippe Pétain, dès le 26 février 1916, qui en prendra le commandement va devenir la légendaire bataille de Verdun. Les poilus n’oublieront pas la célèbre phrase du futur Maréchal de France : Courage on les aura. C’est à ce jour la dernière grande victoire de l’armée française.

La mémoire de Driant a été honorée en 1922. Une stèle fut dressée à l’ endroit où il était tombé. Mais dans son discours André Maginot, alors ministre de la guerre, oublia de dire la véritable raison de la démission de Driant de l’armée. Cette clause était l’anticléricalisme régnant.

En 2016, du haut du ciel où Emile Driant, Philippe Pétain et tous les poilus de Verdun morts pour la France nous observent ; ils pourraient constater qu’à l’anticléricalisme régnant s’ajoute l’antinationalisme, et cela par une classe politique nationale entièrement aux ordres des mondialistes méprisant le peuple de France.

 

Georges DUMONT
Militant de Lorraine Nationaliste

Une Réponse

  1. Eric

    Merci pour cette présentation

    10 septembre 2016 à 20 h 33 min

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