Mouvement nationaliste pour la France aux Français

Vingt ans au crépuscule (Par Jeune Nation)

Ramper, se lever, observer, courir, se jeter à couvert, contrôler, puis ramper encore.

Les mois d’entraînement intensif qu’avait subi Jean depuis son engagement avaient imprimé à son corps une mécanique telle que son esprit n’avait plus à s’en soucier.

Couché dans la poussière derrière des gravats de la taille d’un autobus, il prit le temps de souffler.
Cela faisait maintenant une semaine qu’il était parvenu à entrer dans Berlin avec ses camarades, et les combats incessants avaient été d’une férocité incroyable.

Il ramassa de la terre qu’il émietta dans sa main. Cette terre qui n’était pas la sienne, et pourtant qu’il était venu défendre avec une ferveur qu’il n’aurait pu imaginer quelques années auparavant.

Jean contemplait cette terre noire et songea au pays. Il revoyait son sud, ses roches sèches et ses plateaux arides. Et la mer. Bleu et infinie. Si belle que les montagnes étaient venues s’y jeter.

Tout cela lui semblait loin, si loin. Et pourtant il n’était parti qu’au plus depuis sept mois.

Mais durant cette période, ce qu’il avait traversé l’avait transformé. Après les trois mois de formation, au bout desquels il eut le privilège d’arborer les deux runes argentées à son col, il partit immédiatement vers la Poméranie.

Il y connut l’enfer gelé et la mort, puis la retraite. Ce fut pour ne plus fuir qu’il se porta volontaire pour entrer dans Berlin et défendre la ville coûte que coûte.

Depuis trois jours, ils se battaient seuls. Les derniers scandinaves qui les accompagnaient avaient disparu hier et les renforts allemands étaient bloqués en dehors de la ville. Ils étaient seuls. Seuls contre l’innombrable.

Le Chef avait sollicité Jean hier pour qu’il parte en reconnaissance tenter de trouver d’autres soldats et leur indiquer que les Français se repliaient sur la place centrale pour tenir l’entrée du bunker, désormais vide de vie et de lumière.

Une journée durant, il avait erré, ne croisant que des coups de feu russes. Dans l’après-midi, il était tout de même tombé sur les derniers survivants des Espagnols de la division Bleue.

Sacrés personnages que ceux-là aussi. Refusant également la retraite lorsque Franco rappela sa division en 1943, après Stalingrad, nombreux s’engagèrent dans la SS pour ne pas retourner au pays.

Ils choisirent le chemin de l’honneur, et s’y taillèrent une large voie. Les Russes les craignaient par-dessus tout avec leurs imposants coutelas qui pendaient à leurs ceinturons, et qu’ils n’hésitaient pas à brandir dans de violents corps-à-corps.

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Les rouges, avec cette superstition accrochée à eux et que les soviétiques n’avaient malgré tout jamais réussi à arracher, les prenaient pour des démons, venus de l’enfer pour les chercher. Et ces braves espagnols se démenaient plutôt bien pour ne pas faire mentir ces croyances.

Leur chef, après l’avoir salué chaleureusement et lui avoir offert son propre quignon rassis et son ersatz de café tiède, car la camaraderie était totale entre volontaires européens, lui fit comprendre dans un français approximatif qu’ils avaient trop de blessés pour pouvoir bouger, et qu’ils avaient quelque compte à régler avec les Russes d’en face. Ils resteraient donc ici, à mourir dans leur nouvel Alcazar.

Tandis qu’il s’éloignait de leur camp, comprenant qu’il ne trouverait personne d’autres portant un uniforme allemand dans la ville, il songea à la destinée de ces volontaires.

Quels incroyables parcours ils avaient connus, tous. Quelles que fussent leurs motivations initiales, ils se retrouvaient à défendre le centre vital d’une terre qui leur était étrangère, dans une guerre perdue d’avance. Fallait-il qu’ils soient fous, ou totalement convaincus de leur bon droit.

Ils restaient debout, en dignes héritiers des légionnaires romains ou des chevaliers de Charlemagne, forgeant l’Europe par l’épée et la sagesse, par le feu et la lumière.

Combien de morts, combien de martyrs et de héros disparus. La fureur de leurs ennemis s’était déchaînée sur leurs terres. Ils préféraient raser jusqu’au sol tout germe de ce nouvel espoir, et pour cela procédaient à une destruction systématique des corps et des esprits.

Quel sort sera réservé aux survivants qui auront le malheur de vieillir dans ce nouveau monde que préparaient les libérateurs sanguinaires de l’Europe ?

Jean vérifia le chargeur de son arme. Il ne préférait pas le savoir. Jusqu’à son dernier souffle, il avait prêté serment de se battre pour ne pas avoir à connaître ce sort.

Aujourd’hui, l’heure était au respect de cette parole donnée.

Continuant ses reptations et ses brèves courses, il réussit à éviter des patrouilles russes. La nuit allait bientôt tomber, et les violences sur les civils allaient à nouveau reprendre. Les hordes ivres de Staline n’avaient pas pour mission uniquement de prendre la ville. Leurs supérieurs leur avaient laissé carte blanche pour leurs nuits, et ils pouvaient laisser libre cours à leurs fureurs sanguinaires sur les femmes et les enfants n’ayant pas eu la chance de quitter la capitale. Les cris qui déchiraient toutes ces nuits obscures, Jean ne pouvait les oublier.

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